Entretien des routes en Afrique : Approches et perspectives

Emile Ouosso parle de l'entretien des routes en Afrique

En Afrique, les routes sont le principal mode de transport de passagers et de marchandises, dont les besoins augmentent rapidement. “Il est à noter que la plupart des pays africains doivent continuer à faire davantage pour assurer la durabilité des infrastructures routières” – Emile Ouosso.

Entretien routier : les réformes institutionnelles

La plupart des pays africains ont adopté des réformes institutionnelles, notamment par la création de fonds et d’agences routières, et ont fait des progrès significatifs en matière d’entretien des routes. Toutefois, il reste de nombreux défis à relever dans tous ces pays pour assurer un bon entretien routier.

Pays dont les réseaux routiers hérités du passé doivent être modernisés

Après l’indépendance, certains pays africains ont hérité de réseaux routiers qui ont été développés au nom de l’ascendant colonial et militaire. Ces réseaux ont été développés et entretenus dans une certaine mesure en raison de la disponibilité limitée des fonds. La densité du réseau routier, bien que faible en général, a commencé à augmenter et cette augmentation a été vivement remarquée dans certains pays comme Madagascar, le Malawi, le Mozambique et le Congo.

Emile Ouosso souligne qu’en général, l’état des routes s’est amélioré dans la plupart des pays africains ces dernières années, les gouvernements s’étant efforcés d’augmenter la densité de leurs réseaux routiers. Des progrès remarquables ont été réalisés dans la création d’organisations chargées de gérer et d’entretenir les routes africaines.

De nouveaux défis liés à l’exposition de l’urbanisation

Néanmoins, seul un Africain rural sur trois a accès à une route praticable en toute saison et, dans les villes, la construction des routes n’a pas suivi le rythme de l’urbanisation. Dans de nombreux pays, l’entretien routier doit être renforcé. Cela est principalement dû à un manque de financement adéquat. La plupart des pays africains ont suivi un cheminement régulier dans le secteur routier, en se concentrant sur l’amélioration de la disponibilité des fonds pour l’entretien des routes et la capacité à exécuter des travaux publics. L’une de ces initiatives est le programme de politique des transports en Afrique subsaharienne.

Entretien routier : vers le développement de fonds routiers

L’accent a été mis sur la création ou l’amélioration des fonds routiers qui fournissent des revenus délimités pour l’entretien des routes, sur la base d’un concept de frais d’utilisation exprimés par des prélèvements sur le carburant.

Un autre domaine d’intérêt a été la création d’agences routières indépendantes dans la plupart des pays africains, souligne Emile Ouosso Ministre.

Tout cela pour atteindre l’objectif principal qui est d’exécuter et d’entretenir de bonnes routes. Un exemple est celui de la South African National Road Agency Ltd (SANRAL) en Afrique du Sud.

Améliorer le niveau d’entretien des routes

Compte tenu de la situation actuelle dans la plupart des pays africains, on peut dire, dans une large mesure, que le niveau de l’effort d’entretien des routes est comparativement élevé par rapport à la taille globale de l’économie.

On peut dire qu’un pourcentage considérable des pays africains ont bien fait les choses en ce qui concerne la propriété et la responsabilité des routes et la création d’agences de gestion des routes, mais les aspects financiers restent encore insuffisants, car la plupart dépendent encore directement du financement public, qui est absolument insuffisant.

En général, les agences routières savent dans une large mesure ce qu’il faut faire (en matière d’entretien), mais le financement les handicape toujours.

Les routes à péages routiers peuvent toujours être considérées comme l’équivalent d’un fonds routier, car cet effort en Afrique du Sud est couplé au concept de partenariat privé qui place ainsi l’Afrique du Sud au-dessus du continent.

Il est nécessaire que tous les pays africains se penchent sur les points suivants pour trouver une solution à la situation actuelle de l’entretien des routes :

  • Intégration de l’entretien dans les projets routiers et les stratégies sectorielles
  • Examen de la mise en place du concept de fonds routier
  • Expansion du réseau de routes à péage
  • Investissement dans d’autres formes de transport telles que le transport ferroviaire et le système de transport public intégré pour réduire la congestion des routes
  • Examen d’un contrat basé sur les performances pour la sous-traitance des travaux de maintenance
  • Implication du concept de concession en partenariat public-privé