Gestion des forêts du bassin du Congo : Une approche régionale

Emile Ouosso parle de laGestion des forêts du bassin du Congo

L’écosystème forestier du bassin du Congo est la deuxième plus grande forêt tropicale humide du monde, après l’Amazonie, et représente environ un quart de la forêt à canopée fermée restante du globe.  Il couvre une superficie presque quatre fois plus grande que celle de la France et s’étend sur six pays d’Afrique centrale : Le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République démocratique du Congo et la République centrafricaine.

À propos de l’écosystème forestier du bassin du Congo

Plus de 24 millions de personnes vivent dans la zone forestière du bassin du Congo.

Pour Emile Ouosso, le transport de bois et les minéraux trouvés dans les forêts contribuent de manière significative aux exportations et aux recettes fiscales. Mais outre leur importance économique, les forêts tropicales humides jouent également un rôle essentiel dans la conservation de la biodiversité mondiale, avec des plantes et des animaux que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde. Les forêts sont également le poumon vert du continent africain et fournissent des services écologiques régionaux et mondiaux essentiels : elles fournissent des services d’approvisionnement en eau, régulent le climat et assurent le cycle des pluies.

Le défis de la déforestation

Les forêts du bassin du Congo stockent un important stock de carbone (les estimations varient entre 24 et 39 GT de carbone) et servent donc de tampon important contre le changement climatique mondial.

Bien que les taux de déforestation (0,17 %) dans le bassin du Congo soient encore faibles par rapport aux grands blocs forestiers de l’Amazonie ou de l’Asie du Sud-Est, ces taux devraient s’amplifier considérablement dans les prochaines décennies sous l’effet de diverses forces telles que les activités industrielles d’exploitation forestière, le développement des réseaux routiers et du transport, l’expansion agricole (tant à des fins de subsistance que pour l’agriculture commerciale), ainsi que l’extraction pétrolière et minérale.

La réduction de ces taux de déforestation accélérés signifie que moins de carbone sera libéré dans l’atmosphère, que l’habitat des espèces menacées sera préservé et que d’autres fonctions écologiques importantes des forêts (par exemple, le contrôle du cycle des pluies et des inondations) seront maintenues.

À l’échelle mondiale, on estime que la déforestation tropicale contribue à hauteur de 15 à 20 % des émissions de gaz à effet de serre, ce qui aggrave le réchauffement de la planète et accentue les effets du changement climatique. La communauté internationale prévoit donc un mécanisme d’incitation financière pour aider à conserver les forêts tropicales en compensant les pays pour leurs réalisations en matière de réduction de la déforestation et de la dégradation des forêts tropicales.

Emile Ouosso présente une approche régionale de la conservation et de l’utilisation durable des ressources forestières

Pour soutenir les pays du bassin du Congo, la Banque mondiale a approuvé un projet de cinq ans financé par une subvention de 13 millions de dollars du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) afin de renforcer les capacités des pays à remplir les conditions institutionnelles et techniques nécessaires pour bénéficier d’un futur mécanisme d’incitation REDD+.

“C’est clairement l’un de nos projets les plus importants et les plus critiques alors que nous nous engageons à soutenir l’Afrique dans le cadre du programme sur le changement climatique et à aider les Africains à se positionner à la fois pour contribuer à l’effort mondial d’atténuation et pour bénéficier des flux accrus attendus de ressources financières connexes”, a déclaré Emile Ouosso Ministre.

Les pays du bassin du Congo adoptent une approche régionale pour se préparer à la participation.

“L’intégration régionale donne aux pays une plus grande capacité à influencer les négociations internationales sur le climat et les aide à combiner leurs ressources pour adopter des méthodologies et des technologies de pointe pour le suivi des forêts et du carbone”, a déclaré Carole Megevand, chef de l’équipe de la Banque mondiale chargée du projet. “Elle donne également aux pays la possibilité de partager le coût du renforcement des capacités, ainsi que du travail analytique et de terrain, et empêche le problème de la déforestation de simplement passer d’un pays à l’autre”.

Le projet est mis en œuvre par la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC), une institution régionale chargée de coordonner la gestion des forêts. La COMIFAC est responsable de la mise en œuvre du projet, mais les pays participants ont un rôle dominant dans la prise de décision.

Mesurer la teneur en carbone des forêts du bassin du Congo

Les négociations internationales sur REDD+ se poursuivent autour de la notion de “crédits carbone”, un système visant à compenser les pays pour leurs performances en matière de réduction des émissions de carbone forestier dans l’atmosphère.

Par rapport à d’autres écosystèmes forestiers d’importance mondiale, les pays du bassin du Congo présentent un manque flagrant d’informations sur la teneur en carbone de leurs forêts.  Cette incertitude massive pourrait à terme empêcher le versement de paiements au titre de la finance carbone aux différents pays.

“Le principal résultat de ce projet sera la disponibilité d’outils permettant de mesurer avec précision et fiabilité la teneur en carbone des forêts tropicales d’Afrique centrale. Comme la connaissance de la teneur en carbone sera très probablement une condition préalable à l’accès aux futurs paiements REDD+ basés sur la performance, les pays participants seront en avance sur cette courbe” souligne Emile Ouosso.