Kinshasa et Brazzaville : la connexion des deux Congo

Kinshasa et Brazzaville : la connexion des deux Congo

C’est en 1990 que le défunt président Mobutu a eu pour idée de construire un pont route-rail reliant les deux Congo. En effet, ce pont est censé connecter les capitales Kinshasa et Brazzaville séparées de 2,5 à 4 km de fleuve. Malheureusement, suite à la mort de Mobutu, cette construction a été mise en veille. Depuis le 12 mai 2019, la Banque Africaine de Développement (BAD) a fort heureusement décidé de le remettre au goût du jour. Emile Ouosso Ministre fait le point.

La connexion suscitée par ce pont

La République démocratique du Congo et la République du Congo ont signé un accord interétatique indique Emile Ouosso Ministre. Ce consensus a eu pour effet d’accélérer le projet dénommé « pont routier entre Kinshasa et Brazzaville : la connexion des deux Congo ». Toutefois, les clauses de ce contrat reposent sur les principes de coopération pour l’élaboration, la construction, l’opérationnalisation et la maintenance ce dernier.

Le pont routier entre Kinshasa et Brazzaville représente en quelque sorte un point de départ de la réconciliation entre les deux nations. Il passera par la commune de Maluku et par un pan mesurant 500 mètres du fleuve Congo. Cet ouvrage de 1.575 kilomètres de long au-dessus du fleuve Congo comportera un poste à péage. Il comprendra également une voie ferrée, une route à double ligne, des passages piétons et un poste de contrôle frontalier de chaque côté.

Par ailleurs, sa construction occasionnera dans la même veine, le rallongement du chemin de fer jusqu’à Ilebo.

Emile Ouosso explique que tous ces projets d’envergure répondent au besoin d’établir des échanges routiers et portuaires entre tous les pays d’Afrique centrale, entre autres le Gabon, la Centrafrique et l’Angola. Tout cela favorisera ainsi leur développement économique.

Son financement

Le gouvernement congolais a d’ores et déjà entamé des négociations ainsi que des appels d’offres à l’endroit des institutions internationales. À cet effet, la Banque Africaine de Développement (BAD) a été sollicitée pour une aide financière, une demande à laquelle elle a favorablement répondu conjointement avec le Directeur général d’Africa50. La BAD a alors donné 210 millions de dollars et Africa50, les 340 millions restants. Ces principaux bailleurs ont ainsi mis à disposition un montant total de 550 millions de dollars américains qui serviront à concrétiser ce projet.

Par ailleurs, la BAD a aussi fait un prêt de 56 millions de dollars pour financer les voies routières permettant d’accéder à ce même pont. L’aménagement de ces accès routiers prévoit des travaux de grande envergure de chaque côté du fleuve. De ce fait, du côté de la République démocratique du Congo, il y aura des raccordements de routes de 6,8 km. Il y aura également des chantiers de voies supplémentaires sur 25 km y compris de celle qui contourne de la ville de Kinshasa.

Pour conclure, il est important de relever l’intérêt de ces deux États pour ce pont qu’on pourrait appeler « pont de l’espoir ». En effet, son établissement facilitera le commerce interétatique dans cette partie du continent africain. Il aidera aussi les deux Congo à aplanir les tensions et à regarder dans la même direction pour un Congo plus fort.